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3 Novembre 2008 : « Les fonds souverains jouent un rôle bénéfique », éditorial, TIMES

3 Novembre 2008 : « Un appel qui risque de tomber dans l’oreille de sourds », éditorial, GUARDIAN

3 Novembre 2008 : « La France et le Royaume-Uni ne doivent pas faire de promesses impossibles », éditorial, THE INDEPENDENT

4 Novembre 2008 : « Obama risque de décevoir ses admirateurs », Quentin Peel, FINANCIAL TIMES

4 Novembre 2008 : « Ce n’est pas le moment d’envoyer des renforts », Simon Tisdall, GUARDIAN

5 Novembre 2008 : « Le vainqueur récupère tous les problèmes », Bronwen Maddox, TIMES

5 Novembre 2008 : « Les menaces oratoires ne sont que bravade futile et cruelle », Simon Jenkins, GUARDIAN

5 Novembre 2008 : « L’Union européenne doit assouplir sa politique économique », éditorial, FINANCIAL TIMES

6 Novembre 2008 : « Les grandes espérances », éditorial, DAILY TELEGRAPH

6 Novembre 2008 : « Le vainqueur doit annoncer la fin de la guerre contre la terreur », Jonathan Steele, GUARDIAN

6 Novembre 2008 : « Mr. Miliband accusé de saper le Dalai Lama », Richard Spencer, DAILY TELEGRAPH

6 Novembre 2008 : « L’Union européenne « arnaque » les Britanniques », Graeme Wilson, SUN

7 Novembre 2008 : « Victoire surprise du Labour », Philip Webster, TIMES

7 Novembre 2008 : « La baisse des taux d’intérêt est bienvenue, mais elle vient trop tard », éditorial, DAILY TELEGRAPH

11 Novembre 2008 : « Les Etats-Unis ont opté pour le progrès », Tribune de Gordon Brown, THE OBSERVER

10 Novembre 2008 : « Mr. Obama risque d’être déçu », éditorial, DAILY TELEGRAPH

10 Novembre 2008 : « Une intervention européenne pourrait sauver la mission de l’ONU », éditorial, FINANCIAL TIMES

11 Novembre 2008 : « La crise est bénéfique à Gordon Brown », Peter Riddell, TIMES

11 Novembre 2008 : « La nouvelle politique budgétaire n’est pas assurée de succès », Chris Giles, FINANCIAL TIMES

11 Novembre 2008 : « Gordon Brown appelle à combattre la récession par la stimulation budgétaire », Philip Webster, TIMES

12 Novembre 2008 : « Seule la diplomatie donnera les résultats souhaités », éditorial, TIMES

12 Novembre 2008 : « Pour l’Europe, la priorité du nouveau président doit être le Proche Orient », Ian Traynor, GUARDIAN

13 Novembre 2008 : « La faiblesse de la livre témoigne des erreurs de la politique nationale », éditorial, TIMES

13 Novembre 2008 : « La Banque d’Angleterre y voit enfin clair », éditorial, GUARDIAN

14 Novembre 2008 : « Gordon Brown appelle à une relance urgente », George Parker, FINANCIAL TIMES

17 Novembre 2008 : « La récession sera aussi pénible qu’en 1991 », Norma Cohen, FINANCIAL TIMES

17 Novembre 2008 : « Ce sommet marque la fin du vieil ordre mondial », éditorial, THE INDEPENDENT

17 Novembre 2008 : « Le Royaume-Uni n’est pas prêt pour la nouvelle économie mondiale », éditorial, THE OBSERVER

18 Novembre 2008 : « David Cameron inquiète la droite conservatrice », Rachel Sylvester, TIMES

19 Novembre 2008 : « David Cameron a pris la bonne décision », George Pascoe-Watson, SUN

19 Novembre 2008 : « Une entrée dans l’euro n’est pas la solution », Martin Wolf, FINANCIAL TIMES

20 Novembre 2008 : « La Banque d’Angleterre envisage une nouvelle baisse du taux directeur », Larry Elliott, GUARDIAN

20 Novembre 2008 : « David Cameron opte pour l’autodestruction », Anatole Kaletsky, TIMES

20 Novembre 2008 : « Il vaut mieux chercher à traiter avec l’Iran », éditorial, FINANCIAL TIMES

 

- 3 Novembre 2008 : « Les fonds souverains jouent un rôle bénéfique », éditorial, TIMES

Le système financier occidental est en crise et recherche les fonds des économies émergentes pour retrouver de la vigueur : la banque britannique Barclays a reçu 5,8 milliards de livres sterling du Qatar et d’Abou Dhabi, tandis que Gordon Brown cherche l’aide financière des Etats du Golfe pour stabiliser l’économie internationale. Les fonds souverains suscitent une controverse : Mr. Obama s’inquiète de leur influence, et le président Sarkozy s’engage à protéger les entreprises françaises de leur agression. En revanche, Lord Mandelson affirme que l’Europe ne doit pas décourager l’investissement, et il a raison. Les fonds souverains vont désormais faire partie du paysage financier. Par le passé, les économies émergentes avaient besoin des capitaux étrangers, mais aujourd’hui c’est l’inverse. Il n’y a aucune raison de s’inquiéter d’une prise de participation étrangère dans la Barclays. Les banques occidentales ont besoin d’être recapitalisées. Morgan Stanley et UBS l’ont été grâce à des fonds souverains et, sans ces investissements, le système financier serait dans un pire état. Il est justifié que les gouvernements occidentaux demandent de la transparence dans la manière dont les fonds souverains sont investis mais ce ne doit pas être une excuse au protectionnisme.

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- 3 Novembre 2008 : « Un appel qui risque de tomber dans l’oreille de sourds », éditorial, GUARDIAN

Gordon Brown fait la tournée des Etats du Golfe accompagné d’une délégation dont l’ampleur ferait rougir Margaret Thatcher. Le Premier Ministre britannique assure qu’il vient plaider pour le FMI et non pour les coffres du Trésor. Il est vrai que le Fonds monétaire international ne serait plus en mesure aujourd’hui de venir en aide à d’autres économies en difficulté. Pourquoi donc ne pas s’adresser aux pays producteurs de pétrole qui ont rempli leurs caisses lorsque le prix du baril a plafonné ? Ce n’est pas si simple : le prix du pétrole est en train de baisser et risque de déstabiliser certains de ces pays. Les riches Etats du Golfe ne seront peut-être pas tentés non plus d’alimenter le FMI. L’Arabie Saoudite préférera sans doute aider directement le Pakistan et accroître son influence sur Islamabad plutôt que de passer par le Fonds monétaire au sein duquel elle n’a que 3% des votes. Avant de s’engager les Etats du Golfe vont probablement attendre la réunion du G20 à Washington qui devrait lancer la réforme du système financier. Mr. Brown s’était prononcé pour la réforme du FMI et de la Banque Mondiale bien avant la crise. Mais compte tenu de la nature même de cette crise, il ne faut probablement pas s’attendre à des élans de générosité de la part de pays que l’on ignorait largement lorsque tout allait bien. La Chine, la Russie et les Etats du Golfe feraient peut-être mieux de développer leurs propres économies tant que leurs caisses sont pleines.

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- 3 Novembre 2008 : « La France et le Royaume-Uni ne doivent pas faire de promesses impossibles », éditorial, THE INDEPENDENT

La mission de Mr. Miliband et de Mr. Kouchner en Afrique est d’une grande importance symbolique : les deux pays qui ont pendant si longtemps été rivaux sur ce continent présentent aujourd’hui un front uni dans la crise du Congo. Il ne faut pas toutefois que leur démarche fasse naître des espoirs irréalistes. Il est peu probable que le Royaume-Uni soit à même de déployer rapidement une force militaire suffisante. Quant aux Français, ils risquent d’alimenter les tensions car ils sont perçus comme des ennemis par le gouvernement du Rwanda à cause du génocide de 1995. Ce n’est pas une raison évidemment pour ignorer la tragédie de Goma. Mais les pays occidentaux doivent être réalistes s’ils décident de s’engager plus directement au Congo. Si le Rwanda soupçonne un condominium anglo-français de vouloir protéger un groupe de criminels de guerre Hutu tout espoir de paix pourra être abandonné. Cette crise doit être placée dans le contexte d’une région déchirée par des intérêts extérieurs. Nos actions doivent viser à des solutions à long terme, fondées sur une évaluation réaliste d’une situation dont nous sommes, du moins en partie, responsables.

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- 4 Novembre 2008 : « Obama risque de décevoir ses admirateurs », Quentin Peel, FINANCIAL TIMES

Une bonne partie de la communauté internationale, l’Europe en particulier, attend beaucoup d’une victoire de Barack Obama. En France, en Allemagne, en Italie, plus de 60% de l’opinion espère une amélioration des relations avec les Etats-Unis. Mais elle risque d’être déçue : si le candidat démocrate remporte les élections, il se concentrera principalement sur la crise économique et le retrait des troupes américaines d’Irak, puis d’Afghanistan. Ce sont apparemment les Japonais, les Turcs et les Russes qui se montrent les plus réalistes : la majeure partie d’entre eux ne compte guère sur un réel changement de la politique étrangère de la Maison Blanche. Par ailleurs, 83% des Chinois et 91% des Indiens refusent d’exprimer leur préférence pour l’un ou l’autre des candidats. Selon une étude du German Marshall Fund, 84% des Américains et 72% des Européens ont pour principal sujet d’inquiétude l’approvisionnement du Proche Orient en armes provenant de la Russie. Si les Européens soutiennent de plus en plus l’OTAN, ils ont des vues différentes sur l’Afghanistan : 76% des Américains défendent les opérations militaires dans ce pays contre seulement 46% des Européens. C’est peut-être cela qui sera le plus difficile à régler pour un président Obama.

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- 4 Novembre 2008 : « Ce n’est pas le moment d’envoyer des renforts », Simon Tisdall, GUARDIAN

Evoquer l’envoi de troupes britanniques au Congo relève de la pure fantaisie diplomatique et pourrait vite tourner au cauchemar. Un tel déploiement, même s’il était possible, ne serait ni sensé ni responsable sans l’engagement des autres pays de l’Union européenne. Or, il n’y a guère d’appétit en Europe pour ce genre d’aventure. La mission très médiatisée de Mr. Miliband et de Mr. Kouchner le week-end dernier n’aboutira pas à grand-chose à long terme, sinon à un accroissement du ressentiment contre les sermons des pays occidentaux. Une des principales raisons de la tragédie actuelle réside dans le fait que les Etats-Unis et les anciennes puissances coloniales ne sont pas restés suffisamment engagés après les élections de 2006. Le sommet prévu cette semaine au Kenya n’apportera pas non plus de solution si le général Nkunda n’est pas invité. Pour faire progresser les choses, il faut persuader le Rwanda de cesser de soutenir, directement ou indirectement, les rebelles, amener le président du Congo et son armée à faire la même chose avec les milices. Mais cela ne sera possible de part et d’autre que si l’on s’en prend aux causes mêmes de la crise. Dans l’immédiat, il faut empêcher l’avance du général Nkunda sur Goma et déployer davantage de soldats de l’ONU dans le Nord- Kivu.

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- 5 Novembre 2008 : « Le vainqueur récupère tous les problèmes », Bronwen Maddox, TIMES

Les problèmes dont hérite le nouveau président américain demandent davantage de ressources militaires et financières que n’en disposent les Etats-Unis. George Bush n’est pas responsable de tout : l’Iran, la Corée du nord et le conflit israélo-palestinien, pour n’en citer que trois étaient déjà sujets de controverse avant son arrivée à la Maison Blanche. Mais il est certain que les Etats-Unis sont engagés dans deux guerres, et celle en Afghanistan empire tandis que la situation en Irak s’améliore. Le nouveau président va prendre ses fonctions alors que le leadership américain est mis en cause : en politique étrangère, il a subi ses plus grands revers depuis la guerre du Vietnam et, en politique économique, ses récentes décisions et même ses principes ont été contestés. Le monde entier espère que tout va changer, mais les espoirs sont excessifs, et Mr. Obama l’a reconnu. En Europe, bien des admirateurs du candidat démocrate semblent imaginer que le nouveau président va user de la puissance américaine et de son poids financier pour résoudre les problèmes du monde. Ils vont être déçus.

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- 5 Novembre 2008 : « Les menaces oratoires ne sont que bravade futile et cruelle », Simon Jenkins, GUARDIAN

Les avertissements lancés au Congo par David Miliband et son homologue français, Bernard Kouchner, ont été fortement médiatisés. Mais que signifient-ils exactement ? Les deux pays qui sont les mieux placés pour empêcher le Congo de « devenir un autre Rwanda » sont le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Tous deux sont fortement engagés en Afghanistan et en Irak, et il est ridicule d’envisager qu’ils puissent envoyer des soldats en Afrique. Le bluff de ces discours interventionnistes est total et cruel envers les victimes des atrocités commises au Congo. La RDC ne trouvera pas la paix grâce à l’intervention des armées occidentales ou même des armées africaines. La diplomatie de la canonnière, tant pratiquée en Afrique à la période de l’empire, a été remplacée aujourd’hui par des discours va-t-en-guerre. Mais ce que veut le peuple du Congo c’est l’aide de la communauté internationale. Il a besoin de nourriture et d’abris. C’est sous la bannière de la Croix Rouge que cette aide doit être acheminée, sans port d’uniforme et sans l’ombre d’un fusil. C’était autrefois la philosophie de Mr. Kouchner. Nous savons tous que l’aide a une importance stratégique, qu’elle peut faire autant de mal que de bien. La charité se pratique plus efficacement lorsqu’elle est aveugle à la politique.

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- 5 Novembre 2008 : « L’Union européenne doit assouplir sa politique économique », éditorial, FINANCIAL TIMES

L’Europe reconnaît enfin que la crise économique n’est pas un problème spécifiquement américain et qu’elle doit se préparer à des temps difficiles. L’assouplissement de la politique économique est la seule solution. La baisse des taux d’intérêt, le mois dernier, dans la zone euro et au Royaume-Uni doit être poursuivie, mais elle ne sera probablement pas suffisante. Plusieurs pays devront encore accroître leurs déficits budgétaires et dépasser le plafond de 3%, normalement imposé par le Pacte de stabilité mais qui a été assoupli temporairement. Toutefois, les marchés envoient des signaux d’avertissement à ceux des pays de la zone euro – l’Italie et la Grèce notamment – dont la dette est particulièrement élevée et qui peuvent difficilement se permettre d’emprunter davantage. Ils devront compter sur les autres pour relancer la demande, l’Allemagne en particulier dont l’excédent des comptes courants devrait atteindre 7,5% du PIB en 2008. Une baisse des impôts dans la plus grande économie de la zone euro aiderait tout le monde et pas seulement les consommateurs allemands.

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- 6 Novembre 2008 : « Les grandes espérances », éditorial, DAILY TELEGRAPH

Le symbolisme de la victoire de Barak Obama est exceptionnel : l’Amérique ne sera plus jamais la même, le reste du monde non plus. Le candidat démocrate a transcendé les divisions raciales qui marquent encore les Etats-Unis. D’aucuns s’inquiètent de son manque d’expérience, mais la manière dont il a mené sa campagne est remarquable, presque un sans faute. Après sa victoire, Mr. Obama s’est montré fort courtois à l’égard de son rival républicain, ce qui augure bien de l’avenir, une de ses priorités étant de résoudre les divisions du passé. Evidemment les doutes demeurent : l’espoir n’est pas un programme politique, c’est un slogan. Le changement est difficile lorsque la récession frappe et que les caisses sont vides. Mr. Obama sait que, pour réussir, il devra prendre d’urgence des mesures radicales. Le président Clinton ne s’est jamais remis de ses débuts hésitants. Le leadership demande du jugement, du courage et du sang-froid dans les moments difficiles. Durant sa campagne, Mr. Obama a montré ces qualités.

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- 6 Novembre 2008 : « Le vainqueur doit annoncer la fin de la guerre contre la terreur », Jonathan Steele, GUARDIAN

George Bush a laissé un terrible héritage à Barack Obama : l’Iran, l’Irak et l’Afghanistan. L’approche du nouveau président démocrate sur ces dossiers est certainement préférable à celle de son prédécesseur ou de Mr. McCain. Mr. Bush a dirigé une administration de va-t-en guerre et conduit le pays à la catastrophe, tandis que Mr. Obama offre un retour à la diplomatie traditionnelle. Il y a néanmoins dans sa position quelques incohérences, alors qu’il devrait annoncer dès maintenant la fin de la guerre contre la terreur. Le terrorisme n’est pas une idéologie, c’est une technique, et il ne faut pas, par une réaction excessive, donner davantage d’importance aux extrémistes. En Afghanistan, il faut séparer les Taliban d’Al Qaïda et chercher à ouvrir le dialogue avec les premiers pour pouvoir retirer les troupes du sud du pays. Concernant l’Irak, Mr. Obama parle du maintien d’une « force résiduelle ». Qu’entend-il exactement ? Il ferait mieux de saisir l’occasion pour retirer toutes les troupes américaines d’Irak, ce qui serait la seule façon de calmer la colère des Arabes dans tout le Proche Orient. Un tel retrait ne serait en aucune manière favorable à l’Iran. En revanche, pour empêcher Téhéran de devenir une menace dans la région, il faut lui proposer une politique d’engagement en vue de forger une nouvelle relation. C’est ce que souhaite une bonne partie des Iraniens. Le défi pour Mr. Obama est de montrer au monde qu’il est prêt à conclure un grand marché avec Téhéran plutôt qu’à recourir à un « big bang ».

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- 6 Novembre 2008 : « Mr. Miliband accusé de saper le Dalai Lama », Richard Spencer, DAILY TELEGRAPH

Le gouvernement britannique vient d’effectuer un changement de position historique : dans une déclaration aux Communes, David Miliband a reconnu la souveraineté de la Chine sur le Tibet. Le Secrétaire au Foreign Office a également soutenu l’appel du Daila Lama en faveur de l’autonomie du Tibet plutôt que son indépendance. Mais ses propos ont fortement déçu les représentants du gouvernement du Tibet en exil qui estiment ce changement de position contre-productif. Ils seront en revanche considérés comme un triomphe par Pékin.

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- 6 Novembre 2008 : « L’Union européenne « arnaque » les Britanniques », Graeme Wilson, SUN

Les géants européens de l’énergie « arnaquent » les Britanniques : les prix du gaz et du pétrole ont augmenté de près de 30% en un an au Royaume-Uni, alors que les hausses n’ont été que de 12% en Allemagne et 14% en France, selon les chiffres de l’OCDE. Ces chiffres donnent des arguments à ceux qui affirment que les Britanniques subventionnent leurs partenaires européens. Quatre des six grands fournisseurs d’énergie au Royaume-Uni sont étrangers : EDF qui est français, Scottish Power, détenu par les Espagnols, Npower et Eon, qui sont allemands.

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- 7 Novembre 2008 : « Victoire surprise du Labour », Philip Webster, TIMES

Le Labour a défié toutes les prévisions et remporté une victoire étonnante lors de l’élection partielle de Glenrothes en Ecosse, confirmant la remontée de Gordon Brown sur la scène politique. L’ampleur de la victoire a surpris tout le monde, y compris les stratèges du parti travailliste. Elle marque la fin de la lune de miel du First Minister écossais, Alex Salmond, dirigeant du Scottish National Party et partisan de l’indépendance. C’est un triomphe personnel pour Mr. Brown qui a largement bénéficié de la crise : il a montré sa maîtrise de la situation et devancé ses partenaires européens. Il y a deux mois à peine la perspective d’une défaite du Labour à Glenrothes laissait envisager une remise en cause du leadership de Mr. Brown et son départ du gouvernement. C’est aujourd’hui inimaginable.

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- 7 Novembre 2008 : « La baisse des taux d’intérêt est bienvenue, mais elle vient trop tard », éditorial, DAILY TELEGRAPH

En abaissant de 1,5% son taux directeur, le Comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre a pris une décision spectaculaire et bienvenue : une baisse d’une telle ampleur ne s’est pas vue depuis 1981. Mais cela fait des mois que la récession était annoncée, et la Banque d’Angleterre aurait pu alors abaisser progressivement son taux d’intérêt, évitant ainsi d’avoir à prendre une décision dans la précipitation. C’est une humiliation pour Mervyn King, dont la crédibilité est de nouveau mise en cause. Il faut maintenant restaurer la confiance. Le traitement de choc qui vient d’être appliqué peut y contribuer à condition que la baisse des taux soit répercutée par les banques au profit des emprunteurs (entreprises et particuliers). Le gouvernement a raison de refuser de contraindre les banques à abaisser leurs taux, mais c’est ce qu’elles doivent faire : ayant participé au plan de sauvetage du système, le contribuable ne leur pardonnerait pas d’agir autrement. Il faut également penser aux épargnants et envisager d’urgence des réductions d’impôt sur l’épargne dont dépendent beaucoup de retraités. Lorsque les historiens analyseront cette récession, le refus de la Banque d’Angleterre de commencer à abaisser ses taux dès le mois d’août risque d’être considéré comme une erreur déterminante.

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- 11 Novembre 2008 : « Les Etats-Unis ont opté pour le progrès », Tribune de Gordon Brown, THE OBSERVER

Nous vivons un grand moment : les Américains ont élu un président progressiste, montrant clairement qu’ils estiment qu’en période difficile le gouvernement doit jouer un plus grand rôle pour aider les individus et les entreprises. Le gouvernement britannique est favorable aux marchés, aux entreprises, mais les marchés ont besoin de morale. Le dogme du laissez-faire a échoué. Ce sont les valeurs progressistes – récompense du dur labeur, coopération, pénalisation des excès et des conduites irresponsables - qui assureront le bon fonctionnement de notre économie de marché. Seuls des gouvernements progressistes permettront de prendre les mesures nécessaires pour protéger les familles à revenus modestes face à la récession. Le plan de sauvetage des banques au Royaume-Uni visait à aider non les banquiers mais les individus, et les banques doivent désormais répercuter les baisses de taux d’intérêt. Nous devons aussi poursuivre nos investissements dans la science et dans l’éducation, être même plus ambitieux : construire des entreprises favorables à l’environnement et mettre au point l’infrastructure du 21ème siècle en matière de nouvelles technologies. Nous ne pouvons être sûrs de l’avenir, mais nous avons une leçon à tirer de la victoire de Mr. Obama : que ce soit pour la stabilité financière, la création d’emplois ou le changement climatique, seule une réponse progressiste visant au bien de tous peut nous aider à faire face aux grands défis du moment.

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- 10 Novembre 2008 : « Mr. Obama risque d’être déçu », éditorial, DAILY TELEGRAPH

Alors que les Etats-Unis tournent leur attention vers l’Afghanistan et que le général Petraeus envisage d’appliquer à ce pays le même remède qu’en Irak (le« surge ») en y envoyant davantage de troupes, le chef d’Etat-major des armées britanniques, Sir Jock Stirrup, se montre réaliste et lance une mise en garde bienvenue : le Royaume-Uni assume de lourdes responsabilités dans ce conflit et ses forces sont utilisées au maximum. S’il faut envoyer d’autres troupes, c’est aux autres partenaires de l’OTAN qu’il revient de le faire : des pays comme la France, l’Allemagne, et l’Italie. Sir Jock Stirrup estime aussi que l’insurrection des Taliban ne peut être résolue militairement et qu’une solution durable ne peut être trouvée que sur le plan politique. Il faudra pour cela se concentrer davantage sur la restauration des structures du gouvernement et peut-être même aussi discuter avec les Taliban.

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- 10 Novembre 2008 : « Une intervention européenne pourrait sauver la mission de l’ONU », éditorial, FINANCIAL TIMES

La force de maintien de la paix de l’ONU au Congo semble aller à l’échec malgré sa taille (17.000 hommes) et ses ressources. La France avait apparemment compris la menace lorsqu’elle a proposé le déploiement d’une force européenne de 1500 hommes. Le Royaume-Uni a rejeté cette idée, préférant envoyer David Miliband dans la région. L’Offensive diplomatique a permis de ralentir l’offensive des rebelles mais elle ne peut remplacer une intervention plus robuste pour sauver la mission de l’ONU. Il y a eu un heureux précédent : l’opération Artemis de 2003 au Congo qui était presque exclusivement composée de soldats français. Une aide de l’Union européenne donnerait à l’ONU le temps de se retourner. Elle enverrait un message clair aux combattants, à savoir que la communauté internationale est déterminée à empêcher une nouvelle guerre. Elle permettrait de se concentrer davantage sur les causes du conflit. Le coût en serait élevé en cette période de crise, mais les conséquences d’une inaction pourraient être bien pires.

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- 11 Novembre 2008 : « La crise est bénéfique à Gordon Brown », Peter Riddell, TIMES

Le rebond de Gordon Brown se confirme : selon un sondage Populus pour le TIMES, le Labour a regagné 5 points avec 35% des intentions de vote, contre 41% pour les conservateurs qui perdent 4 points. La baisse des taux d’intérêt, la victoire lors de l’élection législative partielle de Glenrothes ont contribué à cette remontée du parti travailliste qui retrouve sa meilleure position depuis la brève lune de miel de l’an dernier au moment de l’arrivée au pouvoir de Mr. Brown. Les électeurs approuvent la manière dont Gordon Brown gère la crise économique. Ils se sentent rassurés et pensent que le pire est passé : 52% estiment qu’il est le meilleur Premier Ministre « maintenant pour combattre la récession », mais 42% pensent que David Cameron « serait mieux à même de diriger le pays et d’apporter le changement après les prochaines élections ». A court terme, la balance penche du côté de Mr. Brown mais, s’il veut que cela dure, il doit proposer des projets crédibles pour le long terme.

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- 11 Novembre 2008 : « La nouvelle politique budgétaire n’est pas assurée de succès », Chris Giles, FINANCIAL TIMES

Gordon Brown s’est engagé à stimuler l’économie en réduisant les impôts ou en augmentant les dépenses publiques, un revirement qui surprendra les historiens lorsqu’ils rappelleront ses promesses de 1997 et sa règle d’or budgétaire. Le gouvernement peut certes faire valoir que des circonstances exceptionnelles justifient des mesures exceptionnelles, mais trois questions importantes se posent : est-ce qu’une réduction des impôts ou un accroissement des dépenses donneront des résultats ? Quelle en sera l’ampleur ? Est-ce que le gouvernement peut se permettre une telle action ? Il est vraisemblable que le budget comportera à la fois une réduction d’impôts et un accroissement des dépenses et cela pourrait stimuler la consommation. Mais ce n’est pas garanti. Pour une réelle stimulation, il faudrait que le gouvernement se montre audacieux tout en insistant sur le côté temporaire de sa démarche. Alistair Darling doit mettre au point un projet qui visera à réintroduire la prudence à moyen terme et c’est tout un programme.

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- 11 Novembre 2008 : « Gordon Brown appelle à combattre la récession par la stimulation budgétaire », Philip Webster, TIMES

Dans son grand discours annuel de politique étrangère, Gordon Brown a invité les dirigeants de la communauté mondiale à suivre l’exemple de la Chine, de l’Allemagne et du Royaume-Uni et de combattre la récession par la stimulation budgétaire. Pour le Premier Ministre britannique, ce n’est plus le moment de se référer aux vieilles orthodoxies et aux modes de pensée conventionnels qui, en préconisant de réduire les dépenses en période de ralentissement, affectent les familles et entreprises. Mr. Brown, qui va se rendre au sommet du G20 à Washington, estime qu’il est vital de ne pas se retrancher derrière le protectionnisme et l’isolationnisme face à la crise mondiale. Se félicitant de l’arrivée de Mr. Obama à la Maison Blanche, le Premier Ministre britannique engage les Etats-Unis à se joindre à l’Europe pour construire un nouvel ordre mondial.

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- 12 Novembre 2008 : « Seule la diplomatie donnera les résultats souhaités », éditorial, TIMES

La fermeté de l’Union européenne face à la Russie pour son intervention en Géorgie n’aura duré que deux mois. Cette semaine, 26 des 27 Etats membres de l’Union ont accepté de reprendre les négociations sur un nouveau partenariat avec Moscou avant le sommet Europe/Russie vendredi à Nice, alors que les Russes n’ont toujours pas rempli les obligations qui leur ont été imposées par l’accord de cessez-le-feu. Bruxelles assure qu’il ne s’agit pas d’un retour à la normale et que l’Europe continuera à faire pression sur Moscou, mais il est évident que les Russes sont persuadés d’avoir remporté une victoire. Plusieurs arguments expliquent ce changement de position : l’Europe dépend de l’énergie russe, la Russie a un rôle à jouer dans la lutte contre la récession mondiale et surtout la realpolitik dicte les choix. La Russie est un acteur important sur la scène diplomatique même si ses récentes politiques n’ont guère été axées sur la coopération. Le Kremlin devra rendre des comptes à propos de la Géorgie. Mais comme lorsque l’Union soviétique cherchait activement à saper les intérêts occidentaux, la meilleure réponse reste la diplomatie. Celle-ci doit avoir de multiples facettes. Les négociations sur les armements n’ont pas été abandonnées en 1989 à cause de l’Afghanistan et les Pays occidentaux ne doivent pas non plus renoncer à leurs objectifs à cause de la Géorgie.

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- 12 Novembre 2008 : « Pour l’Europe, la priorité du nouveau président doit être le Proche Orient », Ian Traynor, GUARDIAN

Avant même la victoire de Barack Obama, les ministres des Affaires étrangères européens avaient préparé une lettre de six pages appelant la Maison Blanche à établir de nouvelles relations transatlantiques. L’échec du néo-conservatisme américain et les ravages de l’administration Bush donnent de grands espoirs à l’Union européenne. Elle aimerait en particulier que le nouveau président intervienne rapidement sur la question du Proche Orient, ce qui semble concorder avec les projets de Mr. Obama. Mais les divergences restent fondamentales sur certaines questions : les Européens, en particulier les Allemands, ne seront pas disposés à accroître leur contribution en Afghanistan. Concernant l’Iran, tout laisse à penser que le nouveau président démocrate, abandonnant 30 années de politique américaine, cherchera l’ouverture avec Téhéran. Si le régime iranien refuse, Mr. Obama voudra peut-être imposer de nouvelles sanctions. Il lui faudra pour cela l’appui des Russes, des Chinois et des Européens. Si les deux premiers refusent, l’Allemagne et l’Italie hésiteront à soutenir Washington par intérêt commercial. Enfin à propos de la Russie, l’Allemagne, la France et l’Italie, voulant éviter la confrontation, sont davantage prêtes à accorder au Kremlin le bénéfice du doute. La lettre envoyée de Marseille dit à Washington que l’Europe a besoin de la Russie comme partenaire et que les pays occidentaux doivent accepter sa résurgence. Le sommet Europe/Russie de vendredi permettra à Mr. Sarkozy de reprendre les négociations suspendues en septembre après le conflit en Géorgie.

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- 13 Novembre 2008 : « La faiblesse de la livre témoigne des erreurs de la politique nationale », éditorial, TIMES

A la veille du sommet du G20, Gordon Brown engage les dirigeants mondiaux à coordonner leurs politiques budgétaires. Il a de bonnes raisons de le faire : l’économie et le système financier international sont en crise, mais les perspectives pour le Royaume-Uni sont particulièrement mauvaises. La livre est en baisse record par rapport à l’euro, et le mouvement pourrait encore s’accentuer si le gouvernement emprunte davantage pour financer des réductions d’impôts et de nouvelles dépenses publiques, et si les autres pays n’adoptent pas la même politique. La faiblesse de la livre est le résultat d’erreurs spécifiquement britanniques : l’économie dépend trop des services financiers, et les richesses sont dominées par l’immobilier. Les mauvaises pratiques dans la City et la gestion défaillante des finances publiques ont porté atteinte à la confiance et rendu plus difficile la reprise. Après la dernière récession des années 90, les gouvernements successifs avaient cherché à réduire la dette publique, mais depuis 2002 Gordon Brown a abandonné cette approche, ce qui réduit fortement sa marge de manœuvre aujourd’hui. Si la crise est particulièrement intense au Royaume-Uni, c’est que la récession y est « maison » (home-grown).

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- 13 Novembre 2008 : « La Banque d’Angleterre y voit enfin clair », éditorial, GUARDIAN

Le Gouverneur de la Banque d’Angleterre a fini par admettre que les perspectives économiques sont beaucoup plus sombres qu’il ne l’affirmait il y a trois mois. Mr. King se défend en prétendant que le monde a changé, mais cet économiste de premier plan sait très bien qu’en économie les changements n’interviennent pas de façon aussi radicale en si peu de temps. La crise existait il y a un an et certains membres du comité de politique monétaire avaient alors exprimé leur inquiétude. La semaine dernière, la Banque d’Angleterre a soudain réagi, abaissant ses taux de 1,5% et montrant qu’elle prend enfin la situation au sérieux. Mais les mauvaises nouvelles continuent : le chômage progresse à un rythme jamais vu depuis 1992. Mr. King laisse envisager une poursuite de la baisse des taux. C’est déjà cela, mais il aurait dû le faire plus tôt. En période de remous, les autorités doivent chercher à limiter les à-coups. Que la Banque d’Angleterre l’ait enfin compris est une bonne chose pour nous.

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- 14 Novembre 2008 : « Gordon Brown appelle à une relance urgente », George Parker, FINANCIAL TIMES

A la veille du sommet du G20, Gordon Brown a appelé les dirigeants des grands pays à mettre en place d’urgence une politique de stimulation budgétaire pour relancer l’économie mondiale. Le Premier Ministre britannique a déjà préparé la voie à une forte baisse des impôts et une augmentation des dépenses publiques au Royaume-Uni, et il est important pour le succès de sa démarche que ses partenaires en fassent autant. Mr. Brown saisira également l’occasion du sommet pour défendre la conclusion d’un accord commercial au plus vite. Il soutient la position de Mr. Lamy qui souhaite une solution avant Noël, mais n’ignore pas que le nouveau président américain pourrait s’y opposer. La question du protectionnisme pourrait devenir un sujet de controverse entre Londres et l’administration Obama. Durant sa campagne, le candidat démocrate avait adopté une ligne dure à l’égard des entreprises américaines qui « exportent » leurs emplois à l’étranger, et la majeure partie des démocrates au Capitole partage cette vue.

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- 17 Novembre 2008 : « La récession sera aussi pénible qu’en 1991 », Norma Cohen, FINANCIAL TIMES

Deux mois après avoir publié ses prévisions trimestrielles sur l’économie, la confédération patronale britannique (CBI) a pris l’initiative inhabituelle de réviser sec chiffres : au lieu d’une courte récession le Royaume-Uni doit s’attendre à une crise aussi sévère qu’en 1991. Le chômage devrait toucher 9% de la population active d’ici 2010, soit près de 3.000.000 de personnes. En 2009, l’économie devrait se contracter de 1,7% alors que l’on avait initialement prévu une augmentation de 0,3%. Selon le chef économiste de la CBI, la crise financière a sérieusement porté atteinte à la confiance des entreprises qui ont de plus en plus de mal à recueillir des capitaux. Si le phénomène n’est pas seulement temporaire, des compagnies par ailleurs fort saines risquent de faire faillite par manque de financement à court terme. Le CBI suppose néanmoins que les mesures prises par le gouvernement pour renflouer le système bancaire devraient ramener de l’ordre sur les marchés du crédit.

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- 17 Novembre 2008 : « Ce sommet marque la fin du vieil ordre mondial », éditorial, THE INDEPENDENT

Il ne s’est rien passé durant le week-end à Washington qui puisse rendre les marchés euphoriques aujourd’hui. Mais cette rencontre n’a pas été une perte de temps : l’union de pays représentant 85% de l’économie mondiale face à la récession devrait permettre de restaurer la confiance des investisseurs. Il est possible de discerner dans le communiqué final le commencement de nouvelles initiatives prometteuses : les pays du Proche et d’Extrême Orient ont acquis une nouvelle autorité qui sera reflétée dans l’administration du FMI et de la Banque Mondiale. Avec la récession en Europe, au Japon et aux Etats-Unis, la croissance de l’économie mondiale dépendra de pays comme la Chine, l’Inde et le Brésil. Le vieux G8 n’a plus guère d’utilité, c’est le G20 qui compte désormais. L’ordre économique international change vite. Il en va de même pour la réglementation des marchés des capitaux : les grandes banques et les institutions financières ne pourront plus échapper à la transparence et devront limiter les risques. Cette nouvelle architecture est en construction et son achèvement prendra des mois, même des années. Mais, si elle aboutit, et il faut l’espérer, ce sommet du G20 occupera dans l’histoire une place plus importante qu’on ne l’imagine à présent.

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- 17 Novembre 2008 : « Le Royaume-Uni n’est pas prêt pour la nouvelle économie mondiale », éditorial, THE OBSERVER

Les dirigeants du G20 ne pouvaient espérer résoudre en un jour une crise qui s’est développée en une génération. Cependant il est rassurant qu’ils soient prêts à coordonner leur action : n’oublions pas que la dernière grande récession mondiale a conduit les Etats-Unis à l’isolationnisme, une partie de l’Europe au fascisme et le monde à la guerre. La tâche, aujourd’hui, est plus difficile qu’en 1944 : la mondialisation a érodé la souveraineté nationale et les gouvernements doivent agir collectivement pour éviter la prise de mesures protectionnistes. Le Royaume-Uni étant une des économies les plus libérales du monde court en fait davantage de risques que ses partenaires, et il est essentiel pour le succès du plan de lutte de Mr. Brown que les autres pays suivent son exemple. Mais rien ne prouve que des réductions d’impôt amèneront les Britanniques à consommer davantage et qu’elles réussiront à stimuler l’économie. De plus, il ne servira à rien que le gouvernement injecte des fonds dans l’économie si les banques ne desserrent pas le crédit. Enfin, l’augmentation des dépenses doit être accompagnée de garanties sur l’équilibre des finances publiques de manière à protéger la livre. Il est réconfortant de voir les dirigeants mondiaux se concerter. Mais il est urgent aussi de connaître ce que sera la contribution future du Royaume-Uni à l’économie mondiale. En effet, si la spéculation de la City et le crédit à la consommation ne jouent plus de rôle moteur, quels seront les fondements de la richesse du pays ?

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- 18 Novembre 2008 : « David Cameron inquiète la droite conservatrice », Rachel Sylvester, TIMES

Si les conservateurs s’agitent, ce n’est pas seulement à propos des projets du Shadow Chancellor, George Osborne, ou de ses déclarations sur la livre sterling, c’est surtout sur la direction que prend le parti. Pour les traditionalistes, David Cameron et George Osborne sont des arrivistes stupides qui trahissent les intérêts mêmes qu’ils prétendent défendre. Cette aile droite conservatrice ne veut pas du genre de stimulation budgétaire proposée par Gordon Brown pour lutter contre la récession. Elle est idéologiquement favorable à la réduction des impôts et à la diminution du rôle de l’Etat. Mr. Osborne commence cependant à présenter une politique économique distincte de celle du Labour : il reproche au gouvernement de dépenser de manière irresponsable et de mettre la livre en danger. Son objectif est de donner le choix aux électeurs entre des réductions d’impôts financées par une diminution des dépenses ou des réductions d’impôts alimentées par l’emprunt. C’est un changement important dans la mesure où les conservateurs s’étaient initialement engagés à maintenir le niveau des dépenses publiques du gouvernement travailliste. Mais ils risquent de se voir accuser – et le Labour n’y manquera pas – de vouloir détruire les écoles et les hôpitaux.

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- 19 Novembre 2008 : « David Cameron a pris la bonne décision », George Pascoe-Watson, SUN

Il lui a fallu du temps, mais David Cameron a eu raison de renoncer à maintenir dans son programme le même niveau de dépenses publiques que le Labour. Les électeurs auront désormais le choix entre deux options claires : tandis que les travaillistes vont recourir à l’emprunt pour financer des réductions d’impôts qui devront être remboursées par la suite par des hausses d’impôts, les conservateurs réduiront les dépenses pour pouvoir se permettre une baisse de la fiscalité. Il était temps que Mr. Cameron fasse quelque chose si l’on en croit le dernier sondage Ipsos Mori : l’avance des Tories n’est plus que de 3 points avec 40% des intentions de vote, contre 37% pour le Labour. La réaction des conservateurs au pré-budget, qui sera présenté la semaine prochaine par Alistair Darling, sera cruciale : ils seront sans doute tentés de critiquer vivement l’annonce d’un cadeau qui ne sera en fait pas gratuit. Mais ils risquent alors de donner l’impression de s’opposer à l’aide aux familles dans le besoin. Nous verrons lundi si Mr. Cameron est à même de retourner la situation au détriment d’un Gordon Brown de plus en plus confiant.

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- 19 Novembre 2008 : « Une entrée dans l’euro n’est pas la solution », Martin Wolf, FINANCIAL TIMES

Tous ceux qui affirment aujourd’hui que le Royaume-Uni devrait ravaler sa fierté et demander à entrer dans la zone euro se trompent. En période d’incertitude, l’économie a besoin de mécanismes d’ajustement, et c’est ce qu’assure un taux de change flottant. Le Royaume-Uni subit une série de chocs négatifs : les prix de l’immobilier sont en chute, l’endettement est élevé, le secteur financier endommagé et le crédit restreint. Le pays a également trop dépendu de l’activité financière, et enfin il est passé du rôle d’exportateur de pétrole à celui d’importateur. Mais la chute de la livre n’est pas le problème, c’est la solution. Le niveau atteint par notre monnaie entre 1997 et 2007 n’était pas soutenable. L’appartenance à l’euro ne limite nullement les risques, l’Union monétaire n’est pas une union budgétaire, et plusieurs Etats membres ont de sérieuses difficultés dans ce domaine. La crise actuelle justifie plus que jamais le maintien d’un taux de change souple mais, pour garder sa crédibilité, le Royaume-Uni doit agir sur deux fronts : séparer le système bancaire avec, d’un côté, les services nationaux qui bénéficieront d’une garantie et, de l’autre, leur composante internationale qui n’en sera pas pourvue. Il lui faudra également faire quelque chose à propos de la situation budgétaire épouvantable que Mr. Brown a laissé s’installer lorsqu’il était au Trésor. Elle est aujourd’hui devenue dangereuse. Si à court terme une stimulation se défend, le pré-budget doit préparer le retour à un endettement plus raisonnable. L’euro n’y changerait rien.

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- 20 Novembre 2008 : « La Banque d’Angleterre envisage une nouvelle baisse du taux directeur », Larry Elliott, GUARDIAN

Un compte rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire évoque la possibilité d’une nouvelle baisse importante des taux d’intérêt pour empêcher l’inflation de tomber en dessous de la cible de 2% fixée par le gouvernement. Les économistes de la City estiment que le taux directeur sera abaissé d’au moins 0,5% - il est actuellement à 3% - mais certains d’entre eux n’excluent pas qu’il soit ramené à 2%, ce qui représenterait son niveau le plus bas dans toute l’histoire de la Banque d’Angleterre. La confédération patronale britannique (CBI) prévoit pour sa part une diminution de la production industrielle au cours des quatre prochains mois à un rythme jamais venu depuis le début des années 80. Cette baisse pourrait atteindre 10% par an.

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- 20 Novembre 2008 : « David Cameron opte pour l’autodestruction », Anatole Kaletsky, TIMES

Il y a quelques semaines, le Royaume-Uni semblait avoir une opposition compétente qui pourrait un jour former un gouvernement crédible. Tout cela a changé : M. Brown - et c’est une bonne chose pour l’économie mondiale - s’est avéré un leader de stature face à la crise. Les conservateurs, de leur côté - et c’est une mauvaise chose pour le Royaume-Uni – ont choisi l’occasion pour faire de l’autodestruction, ne laissant plus aux électeurs d’autre choix que le Labour. Comme les Bourbon, selon la célèbre remarque de Talleyrand, George Osborne et David Cameron n’ont rien appris et rien oublié. La faiblesse de la livre n’est pas un problème mais une solution. Avec la baisse des taux d’intérêt elle devrait permettre la reprise. En soutenant initialement l’approche du gouvernement, Mr. Cameron avait fait preuve de bon sens. La baisse de popularité de son parti dans les sondages l’a conduit à écouter son aile droite et à attaquer la politique économique de Mr. Brown. Il y a certes aujourd’hui une nette distinction entre les travaillistes et les conservateurs mais, malheureusement pour ces derniers, leur politique est mauvaise. Ils se retrouvent en désaccord avec presque tous les gouvernements et toutes les banques centrales du monde, ainsi qu’avec les milieux d’affaires britanniques. Un moment viendra où les partisans de la prudence devront à nouveau se faire entendre mais tant que la crise financière n’est pas réglée la juste politique consiste à emprunter et dépenser.

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- 20 Novembre 2008 : « Il vaut mieux chercher à traiter avec l’Iran », éditorial, FINANCIAL TIMES

Après la France, le Royaume-Uni : il n’y a rien de mal à pratiquer une politique d’engagement, mais la diplomatie doit s’accompagner d’une stratégie cohérente. Concernant le régime de Bashar al-Assad, c’est bien ce qui manque. Le président syrien doit son retour dans la société géopolitique au président Sarkozy qui l’avait invité à Paris et lui avait offert une place au premier rang lors des cérémonies du 14 juillet. Mr. Abbas, qui a pris de grands risques, sans obtenir de résultats, pour le processus de paix au Proche Orient, se retrouvait à l’arrière avec la délégation somalienne. Le message envoyé a été désastreux. Maintenant c’est au tour de Mr. Miliband de qualifier la Syrie de force pour la stabilité. Damas exploite avec jubilation toutes ces démarches, qui ne sont en fait qu’une évasion : elles évitent de rechercher une vraie stratégie avec Téhéran. L’Iran détient désormais de nombreux atouts dans la région. Il vient d’en utiliser un en encourageant ses alliés de Bagdad à conclure un accord sur les troupes américaines en Irak. Cela semble être une réponse à l’élection de Mr. Obama qui, durant sa campagne, a appelé au dialogue avec l’Iran. La priorité doit être d’intéresser l’Irak à la stabilité dans la région, non de chercher à flirter avec Damas en se faisant des illusions.

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© Ambassade de Madagascar à Londres          Dernière mise à jour : 21 novembre 2008                        [Haut de page]     [Webmaster]